Des espaces fraternels, des évènements culturels et des temps spirituels

Edito de Mgr Bruno Feillet

Chères amies, chers amis,

Tous frères

Tutti Fratelli, tous frères. C’est le titre de la dernière lettre encyclique du pape. Elle amplifie certains aspects de la première encyclique, Laudato Si’. Il faut bien reconnaître qu’habiter la « maison commune » nous constitue membres d’une même famille. Le propre des frères et sœurs dans une fratrie est qu’ils ne se sont pas choisis mais qu’existent entre eux des liens plus forts que ceux qui existent dans d’autres groupes humains. Ces liens de fraternité s’imposent à nous bien que, parfois, il soit difficile de les percevoir et que certains conflits recouvrent cette réalité fondamentale.

C’est tout le sens de la longue méditation sur le « bon Samaritain ». Il arrive que nous aimerions faire le tri parmi nos prochains, parmi nos frères. Qui est mon prochain ? Qui est mon frère ? Qui n’a jamais été tenté d’exclure tous ceux qui ne seraient pas « conformes » ? On court alors le risque de finir seul à force d’avoir exclu tous ceux qui n’auraient pas été jugés dignes. Mais voilà que Jésus, affronté à cette question, propose de renverser la perspective en invitant son interlocuteur à devenir le prochain des autres, à faire comme le bon Samaritain : « Toi aussi, fais de même ».

Le Samaritain a plusieurs caractéristiques auxquelles le Saint Père nous invite à être attentif :

  • Il n’est pas prisonnier de son statut social, de sa fonction ou de ses engagements et accepte d’être dérangé par l’imprévu ;
  • Il fait confiance à l’aubergiste à qui il confie le blessé car il sait qu’il ne peut résoudre seul toutes les situations qu’il croise ;
  • Il entre dans une dépendance qui coûte en acceptant de rembourser les dépenses supplémentaires éventuelles.

Spontanément, nous n’aimons pas être dérangés dans l’organisation de notre temps, dans la gestion de notre argent et plus encore dans notre liberté. Mais c’est bien là que se joue la véritable fraternité.

Cette fraternité est revenue à la une de l’actualité avec la fameuse question de la liberté d’expression. Redisons-le, cette liberté n’a rien d’absolu. Elle trouve sa mesure dans le sens de la fraternité. Saint Paul en avait déjà l’intuition en écrivant : « ‘Tout est permis ‘, dit-on, mais […] ‘tout n’est pas bon’Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui » (1 Cor 10, 23-24).

Chacun le lit : la fraternité n’est pas sans exigence, mais la vie durable en est le fruit.

+ Bruno Feillet

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